Brigitte Derelle, nouvelle directrice à l’IRTS - Site de Neuilly-sur-Marne - 2014

Par Marie Christine Girod

C’est le 10 mars 2014, que Brigitte Derelle a pris ses fonctions de directrice du site de Neuilly-sur-Marne à l’IRTS. Se mettre en avant n’est pas ce qui caractérise Brigitte Derelle. La silhouette discrète, l’attention portée à l’autre, le calme, la concentration, l’intelligence… seraient plutôt de mise. Il lui est difficile de parler d’elle et ce qui revient régulièrement, ce qui est primordial, c’est le faire avec les autres.


Assistante sociale, pourquoi pas ?

Dans les années 80, choisir le métier d’assistante sociale, comme on disait à l’époque, et y rester presque 10 ans – CHU et deux collectivités territoriales – Brigitte Derelle ne l’a pas fait par vocation. Pourquoi ce choix, je ne sais pas. Je préfère répondre à pourquoi, j’y suis restée. Je suis d’une génération – Brigitte Derelle a 55 ans tout rondoù il suffisait de vouloir faire le bien pour faire du bon boulot. Dans les années 80, on sortait diplômée, on répondait aux besoins avec les moyens qu’on avait ou pas, et ça ne posait pas souvent de problème. Heureusement, on est bien revenu de ça…
Une fois qu’on a pris goût au monde de l’économie sociale, même si c’est un secteur soumis aux mêmes contraintes que celui du monde du travail, c’est difficile de revenir en arrière. Je travaille, avec la conviction, que ça n’est pas parce qu’on travaille avec l’humain et pour l’humain, que les exigences de qualité sont moindres que dans d’autres secteurs.

Professionnelle atypique

Au bout de 10 ans, Brigitte Derelle souhaite alors sortir d’un contexte de travail défini, qui se résume à l’application de courant de pensée, d’école, de procédures… Sur des postes atypiques pour une assistante de service social – à la Fédération de Mutualité française, à l’Association française des expatriés de l’ambassade de France en Roumanie & DMS Conseil-Service à la personne – elle se retrouve en situation de construire des collaborations entre travailleurs sociaux ou pas, aux compétences très diverses.
C’est dans la complémentarité qu’est toute la richesse. Le travail social se fait en lien avec les personnes, dans l’environnement des ressources disponibles pour les personnes et les acteurs décisionnaires, administratifs, politiques…
Etre travailleur social ça n’était pas un plus, il fallait recommencer à faire ses preuves. Animer un réseau, c’est être à l’interface entre bénéficiaires et décideurs politiques et c’est la posture d’aide à la décision. C’est là que je me sens bien, être une personne de confiance, et la confiance ça se gagne avec des compétences et des convictions.

Le management

Logiquement, Brigitte Derelle s’oriente ensuite vers des postes proches de la direction, dans 2 écoles du travail social – pour 10 ans, c’est la récurrence dans sa vie professionnelle – à l’ IFRAD d’abord, puis à l’IRTS Paris Ile-de-France.
Elle affine le construire avec les autres. Je suis bien dans un environnement de travail en mutation, qui s’interroge sur le résultat qu’on obtient en fonction des objectifs qu’on se fixe. Ça n’est pas arriver à tout prix à l’objectif fixé, c’est aboutir, dans un collectif et dans l’intérêt général, avec la richesse des uns et des autres, à un résultat qui n’est pas toujours celui qui était attendu. Et c’est ça qui est intéressant, c’est dans l’inattendu que l’on fait de la qualité.

En 2008, Brigitte Derelle, obtient un master management des associations à l’IAE Paris la Sorbonne. C’est l’époque où les écoles en travail social se sont développées, sans avoir toujours perçu les conséquences de l’augmentation des effectifs d’étudiants, de salariés et en gardant les mêmes modèles organisationnels…
J’ai choisi ce master pour les contenus. C’est la prise de conscience que les écoles avaient besoin de se professionnaliser sur les fonctions essentielles de gestion d’entreprise et la nécessité de s’outiller, d’apporter de la réflexion, de l’analyse, de la modélisation, de la qualité de travail… qui a motivé son choix.
Elle sait de quoi elle parle. Son approche de la fonction de direction, de la gouvernance est précise, cartésienne, il est évident que son expérience nourrit sa réflexion.

Bonne élève à l’école, quoique dissipée, Brigitte Derelle aime apprendre, d’où reprendre des études à 50 ans. Je n’ai jamais été déconnectée avec la recherche de connaissances. Aller chercher le savoir là où il est, pour ne se priver d’aucune solution, que ce soit par la relation, dans les livres, en formation…
Le côté cartésien, c’est malgré moi mais je suis heureuse de l’avoir. Quand on maitrise les contraintes matérielles, organisationnelles – compte-rendu, ordre du jour… – cela devient un réflexe, comme manger en quelque sorte, on s’en libère et on peut alors ouvrir un espace de création, d’imagination, de rêve, de créativité. Ça évite de tourner en rond.
Le plus important, une passion vitale quand Brigitte Derelle ne travaille pas – et elle travaille beaucoup – c’est la famille au sens de la tribu ouverte, mon socle de vie. Fille d’immigrés italiens qui ont tout fait pour que les enfants soient coupés de la culture d’origine. On a grandi sans l’histoire familiale, il nous manquait une patte pour avancer… Et j’ai la conviction profonde que c’est dans la complémentarité des cultures qu’on s’accomplit.

Diriger, c’est être au cœur des interrogations

Les centres de formation sont en pleine mutation, interne et externe ; la formation est interrogée ; le rôle de formateur, de travailleur social aussi ; la place de l’usager ; l’action sociale… les anciens fondamentaux sont remis en cause. Un centre de formation des travailleurs sociaux est au cœur de ces mouvements.
Dans ce contexte, un centre de formation est amené à dire ce qu’il fait et à faire ce qu’il dit. On ne peut pas faire semblant. Quelle est l’identité de l’IRTS ? Pour y répondre, c’est une part de surprise de ce que je ne connais pas et que je vais découvrir sur l’IRTS ; une part de convictions profondes que j’ai engrangées avant et qui fait socle et une part de l’histoire, de la culture propre à l’IRTS et qui est à respecter.

Il n’y a rien que je puisse faire toute seule. Sa vision, son état d’esprit est que chacun doit apporter et recevoir dans la relation professionnelle, non seulement pour faire mais aussi pour réfléchir. Quand l’équilibre est atteint, tu as des relations de travail apaisées, sereines et qui permettent de construire.
Simplement partager, accepter la surprise mutuelle.

Photos - ©Marie Christine Girod – IRTS 2014


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Association fondée en 1900 et déclarée le 26 juillet 1901, elle devient une Fondation reconnue d’utilité publique en 1978. En 1987, la Fondation ITSRS (Institut de travail social et de recherches sociales) est agréée en tant qu’Institut Régional du Travail Soial (IRTS). À partir de novembre 2001, l’ITSRS à Montrouge et l’ISIS à Neuilly-sur-Marne ont été réunis afin de former un seul IRTS sur deux sites regroupant au total près de 1700 étudiants.

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