Clément Bosqué, nouveau directeur à l’IRTS - Site de Montrouge - 2017

Par Marie Christine Girod

Clément Bosqué, directeur IRTS - Site de MontrougeClément Bosqué a pris ses fonctions de directeur du site de Montrouge le 20 février 2017.
Lorsqu’on le rencontre, ce qui retient l’attention, c’est qu’il a l’air jeune, pour un directeur… Stéréotype mis à part, et bien qu’il ait 33 ans, il paraît ne pas les avoir. J’en suis conscient. On a une enveloppe, une image, mais il y a ce qu’on est derrière. On attend d’un directeur qu’il soit expérimenté, voire un peu plus âgé. Et pourtant, avec 20 ans de plus, mes missions seraient les mêmes. Ma jeunesse ne m’inquiète pas plus que cela. Elle ne m’empêche pas d’avoir du recul, d’autant que j’ai déjà dirigé des organisations complexes. J’en tire peut-être plus d’énergie et de fraîcheur et je suis relativement proche, dans le souvenir, des étudiants, en termes d’expérience de vie. Au bout d’un moment, on oublie la différence d’âge, parce qu’on est dans des relations de travail, et qu’on va vers le même objectif.

Clément Bosqué est né dans un monde fluctuant – “en crise”, comme on dit. Moins de carrières rectilignes, guère de certitudes au long terme. Certes, son parcours est fait de ruptures, mais avec des constantes : une appétence de savoir ; un besoin de travailler avec les autres ; et une passion pour les arts, où s’exprime cette nécessité humaine de “se raconter”. En bref, de la musique, comme le blues nord-américain, à toutes les formes de fictions, littéraires et autres, le récit en tant qu’activité structurante – d’ailleurs, il s’exprime avec une élégance teintée d’un brin d’académisme. Je conserve un lien très vif et quotidien avec les livres et l’écriture ; des choses intellectuelles et gratuites, pas toujours directement liées à mon domaine d’activité.

Un intérêt pour les lieux de vie
Clément Bosqué connaît bien le secteur. S’il a beaucoup bougé professionnellement, un point reste néanmoins stable depuis 2014. Il a occupé des postes de direction dans des structures de la protection de l’enfance rattachées au Conseil départemental des Hauts-de-Seine (92).
En 2014, il est nommé directeur adjoint d’un foyer de l’enfance dévolu à l’accueil d’urgence, la CDEA [1]. Depuis 2014 et jusqu’à son arrivée à l’IRTS, il a dirigé alternativement – et simultanément, avec des périodes d’intérim – un Centre maternel et la CDEA. Je connais les métiers : éducateur spécialisé, éducateur de jeunes enfants, assistant de service social, psychologue, chef de service, et je sais ce qu’on attend de ces professionnels. Des attentes, d’ailleurs, parfois contradictoires. 3 années denses à jongler entre les urgences du quotidien – médicales, psychiatriques… –, les commandes des services centraux, la réflexion en équipe…

En 2013, il accède au grade de DESSMS [2] à la suite de la formation à l’EHESP, à Rennes. C’est un cursus très complet, car parfaitement transversal : il couvre le champ sanitaire, social, et médico-social. Clément Bosqué effectue son stage à la direction générale des hôpitaux de Saint-Maurice (94), où il participe à la conception d’une Maison d’Accueil Spécialisée adossée à l’hôpital. Il soutient ensuite, sous la direction de Jean de Kervasdoué, une thèse professionnelle pour son Mastère Spécialisé de Santé publique au Cnam avec pour titre “Un projet au long cours : conception d’un lieu de vie pour personnes lourdement handicapées aux Hôpitaux de Saint-Maurice”.

Le métier de directeur d’établissement répond à ce que j’avais envie de faire, c’est à dire travailler avec d’autres, élaborer des projets, faire avancer des organisations. L’accompagnement, le prendre soin, avec parfois l’emprise de l’administratif, de la catégorisation qui n’est pas toujours en congruence avec la vie vécue : ce domaine m’intéressait précisément en raison de cette tension. Comment faire pour accompagner les personnes dans leur globalité, qu’elles soient malades, handicapées, sans revenu, au chômage… sans les assigner à leur unique manque ? Comment conçoit-on et anime-t-on des lieux de vie ? Ce sont des défis du secteur que j’ai trouvés passionnants !

Un départ littéraire, un petit pas vers la pédagogie
J’ai grandi en Seine-Saint-Denis, à Aulnay-sous-Bois. J’ai fait ma scolarité à Paris à partir du lycée. A 25 ans, Clément Bosqué a son agrégation d’anglais. J’ai demandé l’Académie d’Aix-Marseille et je l’ai eue. J’ai enseigné dans un lycée de Marseille pendant 1 an.
Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas le métier que je voulais exercer, même si c’était l’aboutissement de mon parcours universitaire. Les élèves méritent d’avoir des personnes en face d’eux qui sont très motivées et investies, et je n’étais pas suffisamment bon. C’est un métier difficile car très solitaire. Or, ce qui me tenait au cœur, c’était de travailler avec d’autres, de m’inscrire dans une organisation où la réflexion collective est véritablement le quotidien.
C’était une expérience intéressante. J’en garde un intérêt pour la réflexion sur la pédagogie, qui est autant un outil pour manager qu’un outil d’enseignement ou de formation.

Un pas vers le secteur santé, social et médico-social
En disponibilité, donc sans solde, Clément Bosqué – bien qu’il ait, un moment, pensé faire une thèse sur la poésie britannique du XVIIIe siècle – prépare des concours de la fonction publique. Souhaitant se mettre au service des organisations de service public hors de l’enseignement, il s’engage dans une formation à distance en droit public, économie et finances publiques, droit hospitalier et relations internationales. J’avais envie de présenter le Quai d’Orsay – le Ministère des affaires étrangères. J’ai été admissible.
Je suis un littéraire : c’était un basculement total. J’ai commencé en grand débutant. Tous les jours, je me mettais à ma table, avec les fascicules… Je n’aurais pas choisi ces parcours en formation initiale ! Mais je suis curieux, j’apprends vite, je m’intéresse à beaucoup de choses. Non pas le droit pour le droit, ou la gestion pour la gestion… c’est le champ des problématiques humaines qui s’articulent entre-elles qui m’intéresse.
C’est à ce moment-là qu’il découvre le secteur sanitaire, social et médico-social. Il passe le concours de directeur d’établissement de la fonction publique hospitalière.

Une boucle est bouclée
Ce qui amène Clément Bosqué à l’IRTS, c’est la question de la pédagogie, de la formation des adultes. C’est un enjeu important du secteur.
Dans ses fonctions de directeur d’établissement, notamment pour des métiers comme maîtresses de maison, ou moniteurs-éducateurs, j’ai pu voir combien la formation individuelle ou collective était un outil de reconnaissance professionnelle – une mise en valeur, un moyen d’avancer.
Et puis les disparités en termes de compétences peuvent être grandes au sein d’une même équipe, ce qui ne facilite pas le fait de répondre de manière coordonnée aux besoins, mettons, d’un enfant accueilli 24h/24 en foyer d’urgence. Les différences d’approche entre professionnels enrichissent, bien sûr. Reste que la formation est un vecteur d’harmonisation des pratiques incontournable, et fait progresser chacun dans son identité professionnelle.

À l’IRTS, la formation des travailleurs sociaux s’articule sur 3 plans : la pratique, le retour théorique sur la pratique et la conceptualisation. Dans le fond, quels savoirs doit-on prioritairement mettre en valeur ? Dans un monde fluctuant – nous ne savons pas ce qu’il va en être à brève échéance – il s’agit de structurer les étudiants, c’est-à-dire les préparer à agir en professionnels.

L’articulation savoir/transmission/apprentissage, est facile à énoncer, mais compliquée à créer, à faire vivre. Heureusement, rien ne se fait jamais tout seul. Un directeur met en synergie ; c’est un chef d’orchestre, et l’important, c’est l’orchestre ! Toutes les compétences sont là. Donner le tempo, faire travailler les uns avec les autres, et connaître la partition – dans la limite, encore une fois, de ce que l’on peut prévoir pour les années qui viennent. Comment faire vivre un site ? Comment en faire, non pas un lieu de vie, mais comment l’animer, comment lui donner – ou redonner – une âme, en s’appuyant sur ce que cette école a été, ce qu’elle peut devenir ? Associer les étudiants à ce défi est tout à fait essentiel.


Photos - ©Marie Christine Girod – IRTS 2017

[1] CDEA - Cité départementale de l’enfance et de l’adolescence.

[2] DESSMS - Directeur d’établissement sanitaire, social et médico-social. La formation aboutit aussi à l’obtention du CAFDES - Certificat d’aptitude aux fonctions de directeur d’établissement.


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Association fondée en 1900 et déclarée le 26 juillet 1901, elle devient une Fondation reconnue d’utilité publique en 1978. En 1987, la Fondation ITSRS (Institut de travail social et de recherches sociales) est agréée en tant qu’Institut Régional du Travail Soial (IRTS). À partir de novembre 2001, l’ITSRS à Montrouge et l’ISIS à Neuilly-sur-Marne ont été réunis afin de former un seul IRTS sur deux sites regroupant au total près de 1700 étudiants.

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