La revue de presse d’Anne Bernard - Décembre 2009

Anne Bernard, documentaliste à l’IRTS, nous permet depuis quelques années, de suivre l’actualité "papier" du secteur.
Voici une sélection des articles et publications de décembre 2009.
Vous trouverez aussi celle de novembre 2009, en fin d’article

DECEMBRE 2009

EMPAN N°75 – Septembre 2009
Quelles théories pour quelles pratiques en travail social ?

Actualités sociales hebdomadaires
Le revenu de solidarité active
Entré, en vigueur, en métropole, le 1er juin 2009, le RSA s’est substitué au RMI, à l’allocation de parent isolé et aux différents mécanismes d’intéressement à la reprise d’activité. Il a principalement pour objet de garantir un revenu minimal aux personnes qui n’ont pas de ressources et à fournir un complément de revenus à celles qui ne tirent de leur activité que des ressources limitées.

  • Qui peut prétendre au RSA et quelles sont les conditions d’éligibilité à la prestation ?
  • Quelle démarche effectuer ?
  • Comment le RSA est-il calculé et quelles en sont les modalités de versement ?
  • Quels sont les droits et devoirs des bénéficiaires ?
  • A quels droits connexes les intéressés peuvent-ils prétendre ?

Informations sociales – Novembre / Décembre 2009
Parcours de vie et société
Ce numéro d’Informations sociales propose une réflexion sur les parcours de vie, c’est-à-dire sur la question des trajectoires sociales, familiales et professionnelles des individus. Toute une série de travaux en sciences sociales se sont intéressés à la notion de parcours et ont montré que ceux-ci ne connaissent plus la même linéarité qu’auparavant. Les repères temporels constitués, pour les générations précédentes, par l’entrée dans la vie active, la mise en couple et l’accès à un logement indépendant ne sont plus figés. Des études plus longues, une fécondité plus tardive, la fréquence des divorces, les recompositions familiales, l’augmentation de l’espérance de vie… sont autant d’évolutions sociales qui ont conduit à faire varier les parcours. Les ruptures et bifurcations sont ainsi plus nombreuses.
L’objectif de ce numéro est notamment de s’intéresser, au-delà des aspects théoriques, à la manière dont les institutions et politiques publiques tiennent compte -et pour quelles conséquences sur leurs propres actions- des parcours des individus. Inversement, dans quelle mesure et quelle manière le rapport avec les différents acteurs des politiques sociales influe-t-il sur le parcours des individus ?
Ce dossier s’articule autour de trois axes :

  • une première partie méthodologique présente les différentes manières d’appréhender le parcours des individus : comment tenir compte de celui-ci dans son ensemble ainsi que des ruptures et des parcours dits « à la marge » ?
  • une deuxième s’intéresse aux usages faits par les professionnels ou les institutions dans le champ du social de cette connaissance des parcours
  • enfin, une troisième questionne les temporalités des individus et des politiques publiques.

Le journal de l’Action sociale – Novembre 2009
Réforme territoriale / Les villes peuvent-elles récupérer l’action sociale ?
La réforme territoriale apparaît de plus en plus comme avant tout soucieuse de réformer le monde d’élection et de financement des collectivités locales. Car, en fait de clarification des compétences, c’est plutôt l’impasse. Sauf peut être, et ce n’est pas rien, pour les dispositions du projet qui concerne les métropoles, offrant la possibilité à toute agglomération de plus de 450 000 habitants de se doter de ce statut, avec un champ étendu de compétences, dont l’action sociale. Une vingtaine de métropoles pourraient naitre au détriment d’autant de départements qui ne s’occuperaient plus que d’une partie, souvent minoritaire, de la population. Les métropoles, ou plus largement les villes, feront-elles mieux que les départements ? Pour apporter sa contribution au débat, le Jas a souhaité observer en profondeur une ville qui de tout temps à fait du social une action prioritaire, Besançon, tout en s’arrêtant sur le seul exemple de ville ayant hérité des compétences départementales pour des raisons historiques, Strasbourg.
Enfance – Famille / Appel à une nouvelle conception du travail social
Par Michel Dinet et Jean-Louis Sanchez
Chaque année les données s’accumulent, et tout le monde s’inquiète de voir progresser le nombre d’enfants en danger. Car si cette augmentation peut résulter d’un meilleur repérage des enfants, elle traduit aussi le développement du nombre de situations de familles en détresse. C’est l’un des indicateurs les plus pertinents de l’aggravement du délitement de notre société, car cette évolution n’est pas seulement provoquée par la précarisation de l’emploi, mais aussi par une perte de repères et un effritement progressif de la sociabilité.
La famille change, elle aussi, avec notamment le développement impressionnant de la monoparentalité et la dispersion géographique de ses membres.
L’action sociale et le travail social ne sauraient rester étrangers à cette réalité et s’y emploi. Mais face à la prégnance d’une culture de la norme et de la verticalité, il convient d’agir autrement en commençant par s’interroger sur le sens de l’action. C’est l’objet de cette contribution.

Erudit n°61 – Printemps 2009 (sommaire)
Pauvreté, précarité : quels modes de régulation ?
Numéro dirigé par Jane Jenson, Claude Martin et Serge Paugam

  • Par Serge Paugam et Claude Martin - La nouvelle figure du travailleur précaire assisté
    I – la pauvreté et les politiques publiques : regard croisés
  • Par Jean-Claude Barbier - Le workfare et l’activation de la protection sociale, vingt ans après : beaucoup de bruit pour rien ? Contribution à un bilan qui reste à faire.
  • Par Frédéric Michel - Quand s’activer devient la contrepartie du revenu d’assistance. Etude du Revenu d’Intégration Sociale (RIS) belge.
  • Par Nathalie Burnay - Chômeurs âgés et transformations des modes de régulation : vers une rupture d’un équilibre existant.
  • Par Matthieu Mondou - Comment éviter la politique du blâme et les instruments punitifs ? Une analyse comparée des politiques québécoise et terre-neuvienne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
    II – Les enjeux politiques et scientifiques : contradictions et pistes
  • Par Pierre Joseph Ulysse - Les travailleurs pauvres : de la précarité à la pauvreté en emploi. Un état des lieux au Canada / Québec, aux Etats-Unis et en France.
  • Nicolas Duvoux - Les assistés peuvent-ils être autonomes ? Sociologie compréhensive des politiques d’insertion.
  • Par Martine D’Amours - Travail précaire et gestion des risques : vers un nouveau modèle social ?
  • Par Pierre Joseph Ulysse, Frédéric Lesemann, Stéphane Crespo, Jean-Marc Fontan, Marguerite Mendell, Hélène Belleau - Les « travailleurs pauvres », témoin et acteurs des mutations sociétales en cours.
  • Par Philippe Warin - Une approche de la pauvreté par le non-recours aux droits sociaux.
    III – Le vécu et les trajectoires de la pauvreté et de la précarité
  • Par Antoine Rode - L’émergence du non-recours aux soins des populations précaires : entre droit aux soins et devoirs de soins.
  • Par Myriam Thirot - « Se brûler au travail » : la précarisation du travail vécue par des résidants du Centre-Sud de Montréal.
  • Par Alfred Pierre - Les entreprises d’insertion sociale à Montréal : trajectoire des participants.
  • Par Diane-Gabrielle Tremblay, Juan-Luis Klein, Jean-Marc Fontan, Christine Champagne - L’action locale et la lutte contre l’exclusion et la pauvreté : le cas de Mères avec pouvoir à Montréal.
  • Par Audrey Parron - Les trajectoires professionnelles des jeunes adultes en situation de handicap psychique : du milieu ordinaire aux filières adaptées.
  • Notes de lectures par George Ross - Qu’est-ce que la « réforme de l’aide sociale » ? Analyse des récentes politiques américaines en matière de pauvreté.

Les Cahiers de l’Actif – Juillet / Octobre 2009
Recommandations, référentiels et procédures de « bonnes pratiques »
Des balises pour penser l’intervention sociale et médico-sociale ?

Psychomédia – Décembre 2009 / Février 2010
Débat : devenir garçon, devenir fille

L’autre - Vol 10 n°2 – Année 2009
Accueil, Asile, soin
Dossier coordonné par Thierry Baudet, Hélène Asensi et Christian Lachal

  • Par Arnaud Veïsse - Etat actuel de l’accueil et des soins aux étrangers malades en France
  • Par Yassaman Montazami - Incidences du politique dans la clinique de l’asile et des violences collectives
  • Par Claire Mestre - Les certificats médicaux aux étrangers demandeurs d’asile et déboutés : cliniques et politiques

Alternatives économiques – Décembre 2009
Face à la pauvreté

  • l’état des lieux en France
  • trois idées fortes pour agir
  • « inventer de nouvelles formes de droits sociaux »

NOVEMBRE 2009

Le Monde Diplomatique – Novembre 2009
Protéger les plus vulnérables
Par Claire BRISET
Où vont tous ces enfants ?
Malnutrition, travail éreintant, absence d’éducation, abandon, violences de toutes sortes : de par le monde, des millions d’enfants connaissent des conditions de vie lourdes de conséquence pour leur avenir. Face à la noirceur du tableau, l’arme du droit pourrait sembler dérisoire. La convention internationale des droits de l’enfant, adoptée aux Nations unies il y a tout juste vingt ans et ratifiée par tous les pays à l’exception des Etats unis et de la Somalie, a pourtant permis quelques avancées appréciables.
L’immigration, un « problème » si commode
Par Eric FASSIN
La dispersion de la « jungle » de Calais, comme les médiatiques expulsions des sans-papiers l’ont montré : le contrôle de l’immigration constitue une priorité du gouvernement français. Il ne serait désormais plus de question de « subir » les migrants, mais de les « choisir », martèle ainsi M. Nicolas Sarkozy. Or les mâles discours d’Etat contribuent davantage a entretenir un « problème », procurant à peu de frais des bénéfices politiques à ceux qui l’exploitent, qu’à prendre la véritable mesure de ses enjeux.

Le Monde Magazine – 31 Octobre 2009
Insertion
Un X à Emmaüs

Par Catherine MALISZEWSKI
Depuis 2007, Emmaüs Défi aide des SDF à rejoindre le monde du travail. A la tête de ce récent ajout au mouvement, qui fête, lui ses 60 ans. Charles- Edouard Vincent a abandonné sa carrière dans l’ingénierie pour se consacrer aux plus démunis.
La religion dans l’entreprise,
Un sacré Malaise

Par Martine VALO
Comment répondre à des employées qui demandent des repas casher ou halal à la cantine, veulent une salle de prière, portent le voile ? Le sujet émerge dans le monde du travail. Et embarrasse les dirigeants, au pays de la sacro–sainte laïcité : rencontres.

Le Monde Magazine –21 Novembre 2009
Littérature Jeunesse
Ce sexisme qui fait vendre

Par Emilie GRANGERAY
A elles, les paillettes, les crinolines. A eux, les camions, les gros engins : de nouvelles collections jeunesse destinée aux garçons ou aux filles font un tabac. Un phénomène d’édition qui suscite polémique, alors que s’ouvre le 25e Salon de Montreuil.

Actualités Sociales Hebdomadaire – 30 Octobre 2009
La loi relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique
Au menu de ce dossier, l’accompagnement des agents travaillant dans un service en voie de réorganisation et la modernisation de la gestion des ressources humaines.
Travailler mieux pour vivre mieux
Les travailleurs pauvres sont souvent mal pris en compte dans les dispositifs d’insertion. A Cergy-Pontoise le programme expérimental Agir sur les transmissions professionnelles les aide à accéder à un emploi de qualité.
Les AMP accompagnateurs du quotidien
A l’articulation du médical et du social les aides médico-psychologiques tissent, à partir des gestes techniques, une relation de proximité avec les personnes les plus dépendantes.

Actualités Sociales Hebdomadaire – 6 Novembre 2009
Les droits et les devoirs des demandeurs d’emploi Depuis la réforme intervenue en 2008, les chômeurs ont l’obligation de participer à l’élaboration et à l’actualisation de leur projet personnalisé d’accès à l’emploi et ne peuvent refuser plus de deux « offres raisonnables d’emploi ».
Écosystème pédagogique La MECS Manoir de Bois Charente, prés d’Angoulême, forme des jeunes aux métiers de la restauration haut de gamme. L’occasion également, de les sensibiliser au respect de l’environnement.
Parents handicapés mentaux : Quel accompagnement ? Pour aider les parents singuliers à remplir au mieux leurs fonctions et favoriser le bon développement de leurs enfants des professionnels du handicap et de l’enfance unissent leurs compétences. Actualités Sociales Hebdomadaire – 13 Novembre 2009
La loi « hôpital, patients, santé et territoire » Présentation des mesures concernant les établissements services sociaux et médico-sociaux : Réforme de la procédure d’autorisation, planification, évaluation, tarification …
20 mesures pour refonder l’accueil des personnes à la rue Le gouvernement entend réorganiser le dispositif d’accueil et l’orientation pour en faire un véritable service public et mettre en place un « référent personnel » pour chaque sans abri qui le souhaite.
Entrée de secours Le centre hospitalier universitaire de Brest a mis en place une unité d’accueil expérimentale des victimes conjugales et familiales. Ses objectifs : l’écoute des patients et leurs orientations vers les partenaires de l’aide aux victimes.

Sociologie et Sociétés - Printemps 2009
Sociologie et société des individus
La sociologie des individus ne se résume pas au simple développement d’une autre analyse sectorielle de la sociologie, comme on a pu décrire déjà l’analyse microsociale. C’est plutôt une façon de voir autrement la construction des sociétés actuelles, caractérisées en particulier par la modernité. Une compréhension radicale de dynamiques individuelles singulières qui permet non seulement d’éclairer la complexité des processus sociaux mis en cause, mais surtout, d’introduire une dialectique radical qui rejette un déterminisme hétéronome des individus de l’action. La société des individus et de l’action. La société vivante est une société d’incertitude qui sollicite constamment le travail de l’individu sujet sur soi et dans ses rapports aux institutions et à autrui.
Sociologie compréhensive, sociologie clinique, sociologie implicite, mais aussi anthropologie clinique sont autant de perspectives épistémologiques et métrologiques qui ouvrent un champ d’exploration renouvelé dans la saisie des sociétés contemporaines complexes. Redonner ainsi toute sa pertinence pour la recherche sociologique à l’individu permet de jeter un nouveau regard critique, sur la société et sur les pratiques sociales.
Soulignons que ce numéro de Sociologie et société est dédié à un pionnier de la sociologie au Québec, Robert Sévigny, dont les œuvres et le texte produit pour ce dossier témoignent d’une telle sociologie des individus.

Cultures et sociétés – Octobre 2009
Les formes de l’écriture impliquée
Dossier coordonné par Kareen Illiade & Remi Hess

  • L’histoire de vie d’enseignants – Lucette Colin
  • Le journal d’intervention – Anne-Claire Cormery
  • Le journal de lecture dans l’enseignement à distance – Kareen Illiade
  • La lettre et la production de son œuvre - Augustin Mutuale
  • La correspondance de recherche : un dispositif d’analyse des implications du chercheur- Swan Bellelle & Bertand Crépeau
  • Une correspondance pédagogique – Gabrielle Weigand
  • Les monographies - Sandrine Deulceux & Carole Pancheret
  • Le dialogue instituant : l’entretien du groupe – Saïda Zoghlami
  • Manifeste Zones d’Attraction – Charlotte Hess & Valentin Schaepelynck

Métiers petite enfance- Eveil et développement de l’enfant - Novembre 2009
Penser la place des stagiaires
Accueillir de stagiaires en formations demande aux professionnels confirmés de réfléchir leur intégration dans le quotidien des services. Quelle place leur accorder auprès des enfants sur une aussi courte durée ?

  • Réflexions sur la place des stagiaires dans les services petite enfance ou pédiatriques
  • L’observation comme outil d’apprentissage en stage et support de bien-traitance
  • Observer mieux accompagner les stagiaires et les enfants
  • Comment accueillir les stagiaires tout en préservant le bien - être de l’enfant

Déclic – Novembre / décembre 2009
Info ou Intox ?
De Claude Simonnot
Déclic est destiné à diffuser le mieux possible l’information aux parents et aux personnes concernées par les situations de handicap de l’enfant. Une mission aux antipodes de la tendance actuelle (accentuée par le Web) où, de plus en plus, l’information prend la place de la formation et où le savoir se résume à la surface des choses.
J’en prends pour exemple la pandémie promise de grippe H1N1 et les questions qui se posent autour de la vaccination. Faut-il ou ne faut-il pas se vacciner ? Telle est la question. Et si ce n’était pas cela, s’il s’agissait de respecter le libre choix des familles tout en essayant qu’il soit plus éclairé possible, tout irait bien ! Mais fleurissent de façon invraisemblable rumeurs et caricatures, confusion et informations approximatives, voire fantaisistes pour fabriquer la grande peur du vaccin.
Si, parfois, un abus de pouvoir médicaux, la rétention de savoir des scientifiques sont condamnables, aujourd’hui nous assistons à un lissage par le bas : touts les avis, même plan. Dans notre merveilleux monde de communication, la réaction remplace la réflexion, les slogans se substituent à la discussion et les croyances étouffent le savoir.

Alternatives Economiques – Novembre 2009
Le travail sous tension
Des conditions de travail dégradées et un recul des solidarités collectives expliquent la souffrance psychique de nombreux salariés.
Couples : un fragile équilibre
Nombre de record des Pacs, baisse des mariages, hausse des divorces, mais pas de recul du couple.
Qui est Pauvre ?
L’analyse de la pauvreté par les conditions de vie débouche sur une vision restrictive du phénomène.
L’avenir de la télé
D’ici 2012, 40 % des Français visionneront des contenus Internet sur leur petit écran.
Ces jeunes qui quittent l’école sans diplôme
Les résultats de l’enquête Génération 2004 confirme que le diplôme et l’apprentissage restent des atouts pour s’insérer dans l’emploi.
Faut-il craindre la privation des villes ?
Les résidences urbaines fermées ont pris place depuis une dizaine d’années dans le paysage urbain et dans le débat public.
André Gorz ou l’écologie politique comme dépassement du capitalisme
Théoricien critique de l’aliénation de la fin du travail, il a mené une analyse conjointe du système capitaliste et de la crise écologique.
Assurances sociales : pourquoi Bismarck ne fut jamais bismarckien
Le système d’assurance sociale instauré en Allemagne dans les années 1880 a en fait peu à voir avec le projet initial de Bismarck.

Autrement - Novembre 2009
Trop Gros ? L’obésité et ses représentations
Dirigée par Julia Csergo
Les risques sanitaires liés à l’obésité sont devenus des préoccupations majeures, amenant à déclarer l’obésité « une nouvelle épidémie non infectieuse de l’histoire ». Contrainte d’intervenir, la médecine, largement relayée par les médias, a été conduite à dresser des normes, à médicaliser la corpulence , à mener avec les pouvoirs publics des actions préventives à définir un « bon « et un « mauvais « comportement alimentaire.
Ces discours peuvent –ils échapper au poids des représentations culturelles du gros et du historiquement construit, aux jugements de valeur, à la stigmatisation des individus en surpoids, a l’idéalisation de la minceur ? Et a-t-on toujours parlé d’obésité ? A quelles image le gros a-t- il été associé dans l’histoire et dans l’éthique ? Quand l’obésité devient –elle une maladie ? A-t-elle forcément une seule cause alimentaire ? Quels impacts ont les discours et les politiques publiques sur l’image de soi des personnes en surpoids ?
Julia Csergo fait ici dialoguer historiens et médecins, sociologues, historiens d’art et psychiatres pour démêler le sujet d’inquiétude, s’interroger sur la signification sociale et culturelle de la norme, de la mesure et de la tolérance. Penser les représentations de l’obésité, une démarche nécessaire à l’élaboration de politiques de prévention averties.
Autrement capables. Ecole, emploi, société : pour l’inclusion des personnes handicapées
Par Eric Plaisance
Aliénée, anormales, infirmes, invalides incapables, inéducables, semi-éducable… Par le passé, les vocables ne manquaient pas pour désigner ce que nous nommons aujourd’hui la « différence ». Ils ont longtemps justifié les traitements, dans des institutions spéciales, par des professionnels spécifiques : asiles, hospices, instituions intermédiaires entre le sanitaire et le social, écoles et classes spéciales, lieux d’assistance au travail, etc. Aujourd’hui, on considère que le handicap est la résultante de barrières sociales, de condition d’environnement qui mettent les personnes en situation d’infériorité. C’est la société qui « Handicape ».
En 2005, la France s’est dotée d’une loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » ; Quatre ans plus tard, peut –on en mesurer les effets ? Quelles sont les mesures concrètes prises en faveur de l’inclusion des personnes handicapées, enfants et adultes, dans la société ? Quels sont les moyens mis en œuvres ? Quelles sont les barrières qui restent à franchir ?
Cet ouvrage propose un bilan, des pistes de réflexions et des conseils pratiques. Il donne largement la parole aux personnes handicapées elles-mêmes, aux associations et aux professionnels du secteur, afin de saisir sur le vif les avis des personnes directement concernées. Il milite enfin pour que chacun, quelle que soit sa différence, puisse trouver sa place à l’école, au travail, au milieu de touts.
Arcadie. La vie Homosexuelle en France, de l’après guerre à la dépénalisation
Par Julian Jackson
Arcadie fut le premier mouvement homosexuel en France, le plus important en nombre, en longévité… et même un pionnier ! Fortement contestée dans les années 1970 avec l’émergence d’une culture radicale du coming out, l’association Arcadie fut dès lors reléguée aux oubliettes. On n’en parlait plus du « placard » prude et désuète. On y voyait une préhistoire un peu honteuse de la culture gaie et lesbienne. Cette lecture n’est elle pas réductrice ? En défrichant les archives du mouvement en recueillant des témoignages et notamment celui du fondateur André Braudry, aujourd’hui « réfugié « en Italie, l’historien travaille à replacer ce combat dans le contexte social de la France de l’après-guerre jusqu’à la dépénalisation de l’homosexualité, au début des années 1980. Le texte, savoureux et rigoureux, restitue ainsi la vie des homosexuels de cette époque. On y croise, à Paris et en province, des figures étonnantes, intellos ou populaires, anonymes ou célèbre comme Jean Cocteau ou Michel Foucault. Arcadie défendait la respectabilité des couples « homophiles » et représentait un refuge une population semi-clandestine. Elle a constitué une « culture Homosexuelle », a inspirée la dépénalisation de l’homosexualité, défendait la vie en couple et l’adoption… C’est le combat d’une génération qui entre étrangement en résonance avec les combats d’aujourd’hui sur le mariage et l’homoparentalité. Dés lors, ces homosexuels étaient – ils d’affreux conventionnels ou des avant-gardistes méconnus ?
Le pouvoir fascinant des histoires - Ce que disent les livres pour les enfants
Par Marie Saint-Dizier
Les livres pour les enfants doivent t-ils aider à grandir dans le monde tel qu’il est ou faire rêver à des univers merveilleux ? Doivent-ils prendre le parti de la gaieté des moments ritualisés du quotidien ou doivent –ils mettre l’enfant face aux dures réalités de la vie ? Doivent-ils d’ailleurs servir à quelque chose ? Certains seraient-ils dangereux et d’autres bénéfiques ? Y’a-t-il une spécificité de la littérature pour les enfants ? Parents, auteurs, bibliothécaires, éditeurs : touts les adultes qui destinent des histoires aux enfants en débattent interminablement.
Romancière, directrice de collections, traductrice, lectrice … Marie Saint-Dizier est actrice et témoin direct de l’histoire récente de l’édition jeunesse. Mais c’est en tant qu’amoureuse du pouvoir fascinant des histoires qu’elle nous propose se vision des livres pour les enfants. Avec beaucoup d’humour, elle raconte ses premières émotions de lectrice, ses rencontres hautes en couleur, de Quentin Blake à Alice au pays des merveilles, de Roald Dahl aux Trois Mousquetaires… Transmettre des histoires aux enfants est certes une affaire d’éducation, d’amour. C’est surtout la recherche fragile d’une rencontre.
Faut –il faire son deuil ? Perdre un être cher et vivre
Dirigé par Pascal Dreyer
Plus de 550 000 personnes décèdent chaque année en France, laissant les proches abattus par un immense chagrin. Alors que la mort a été écartée du quotidien et se retrouve en partie dissimulée, le deuil est devenu pour chacun un « travail », à « faire » dans un délai prescrit. Les endeuillés sont enjoints d’effacer leur souffrance et de « refaire leur vie ». Or ils manifestent touts le besoin de vivre avec l’absence et de construire le souvenir des morts. Les récits bouleversants d’humanité de ceux qui ont perdu un frère, un conjoint, un enfant, un parent en témoignent.
Mais le deuil lui-même a changé de nature avec le remplacement progressif du discours religieux et de ses croyances par celui de la médecine, de ses conquêtes et du fantasme d’immortalité qu’elle véhicule. Aujourd’hui, le deuil périnatal, le deuil d’un enfant - dont la mort est toujours scandaleuse - le deuil à répétition de l’épidémie du sida et même le deuil de ses propres parents au terme d’une vie de plus en plus longue constituent des réalités inacceptables.
L’évolution profonde de notre rapport à la mémoire, au corps et à la mort en Occident pose désormais la question du sens à donner au deuil d’un être proche. C’est autour de cette question et de la place laissée à la mort, invité à réfléchir des spécialiste – sociologue, psychologue, anthropologues, théologien, philosophe , artiste , professionnels des services funéraires, professionnels de santé – et des endeuillés qu’il a accompagnés dans leur quête de sens.


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Association fondée en 1900 et déclarée le 26 juillet 1901, elle devient une Fondation reconnue d’utilité publique en 1978. En 1987, la Fondation ITSRS (Institut de travail social et de recherches sociales) est agréée en tant qu’Institut Régional du Travail Soial (IRTS). À partir de novembre 2001, l’ITSRS à Montrouge et l’ISIS à Neuilly-sur-Marne ont été réunis afin de former un seul IRTS sur deux sites regroupant au total près de 1700 étudiants.

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