



Fondation ITSRS Institut Régional du Travail Social Ile-de-France Montrouge Neuilly-sur-Marne Adhérent au Groupement national des instituts du travail social (GNI)

2003-2008
Ce projet a pour but de définir les valeurs et les orientations générales de travail partagées par les salariés de la Fondation ITSRS.
Il résulte de cinq séances de travail, dont la première a eu lieu le 3 avril 2003. Au total, 28 salariés ont participé aux réunions de travail, avec une présence équilibrée des salariés des deux sites. Ce document a été mis en forme par Marcel JAEGER, directeur général, à partir des échanges oraux, des comptes-rendus et des contributions écrites de onze membres des équipes pédagogiques des deux sites.

Le but de la Fondation « Institut de Travail Social et de Recherches Sociales » (ITSRS), défini dans l’article 1er de ses statuts, est « la formation et le perfectionnement des travailleurs sociaux français ou étrangers et de leurs cadres, ainsi que les recherches en matière d’action sociale ».
Gestionnaire de deux sites de formation dans le cadre d’un IRTS (Institut régional du travail social), la Fondation contribue « à la qualification et à la promotion des professionnels et des personnels salariés et non salariés » engagés dans les domaines de la lutte contre « l’exclusion, la prévention ou la réparation des handicaps ou inadaptations et la promotion du développement social », conformément l’article 151 de la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998.
Pour atteindre son but et répondre au mieux à ses missions, le projet d’établissement inscrit pleinement la Fondation ITSRS dans le contexte sociétal et législatif actuel en déclinant des objectifs généraux, des objectifs de coopération et de coordination et des objectifs d’évaluation.

En ce début du 21ème siècle, la société française est le produit des profondes mutations qui ont marqué le siècle passé. Dans les années de prospérité qu’a connues la France après 1945, l’adhésion aux valeurs de la République et aux institutions garantes de la démocratie, alliée à la croissance économique et au progrès social, constituaient le socle sur lequel prenaient appui toutes les composantes politiques de la société française pour organiser la cohésion et la solidarité entre ses membres. Les luttes sociales avaient pour objectif principal de permettre au plus grand nombre de bénéficier des effets de la croissance économique. Le travail social consistait essentiellement à accompagner ce mouvement.
Ces dernières décennies ont été marquées par de profonds bouleversements. La montée des individualismes, la crise économique sur fond de mondialisation, la construction d’une communauté européenne porteuse de promesses, mais aussi de craintes, ont bousculé les fondements de la société française.
Dans ce contexte, la Fondation ITSRS inscrit son action dans les valeurs de tolérance, de citoyenneté et de laïcité qui sont celles de la République. D’autre part, en tant qu’organisme de recherche et de formation, l’institut met en oeuvre les conditions humaines et matérielles nécessaires à l’émergence d’un processus critique de changement et de transformation, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel des étudiants.
Quels que soient les projets mis en œuvre, les professionnels de la Fondation ont le souci de :
En effet, le partage humain au cœur de notre société développe les solidarités nécessaires à la démocratie. Le brassage des cultures et des idées aide à la compréhension du monde à l’échelle planétaire dans lequel nous vivons avec d’autres. Plus cette compréhension augmente, plus la créativité individuelle et collective offre des possibilités de vivre le mieux possible dans un environnement donné. Progressivement, ce mieux possible se transforme en avancée sociale avec ses règles, lois, institutions, qui maintiennent une cohésion politique de progrès social.
Un centre de formation professionnelle en travail social se doit de rappeler ces valeurs aux étudiants et aux professionnels qui le sollicitent. C’est de son champ de compétences que d’initier à ces valeurs sociales qui favorisent l’aisance de la pensée et peuvent autoriser une pratique en adéquation avec les besoins des personnes.
C’est aussi de sa responsabilité d’exercer une fonction de veille et d’être une force de propositions.
La finalité : contribuer à l’aide aux personnes et aux groupes en difficulté et au soutien à la vie sociale
Les objectifs de la Fondation ITSRS sont en lien direct avec les finalités de l’action sociale et médico-sociale. Ainsi, les attendus de la formation sont de contribuer à l’aide aux personnes en difficulté, en amenant les professionnels et futurs professionnels à développer les compétences nécessaires à leurs interventions. Ceci suppose une technicité, un savoir-faire, mais aussi une démarche en termes de valeurs et de sens, directement rapportée à un objectif central : faire accéder à l’autonomie et à la citoyenneté les personnes fragilisées par leur âge, leur histoire personnelle, leur handicap, leur maladie ou leur situation sociale.
La transmission des connaissances et la relation pédagogique
Il est essentiel d’envisager la formation comme un processus dans lequel la personne engagée dans la formation dépasse et complète la nécessaire acquisition de savoirs disciplinaires, de savoirs professionnels et de savoirs d’expérience :
mais aussi pour se montrer capable de se projeter dans l’avenir d’une façon créative.
Ainsi pourra émerger ce qui est de l’ordre de la construction d’une identité professionnelle.
La position impliquée et impliquante du formateur joue un grand rôle, d’une part dans la réussite de ce processus, d’autre part, dans la dynamique inhérente aux petits groupes de formation. Cela signifie que la valeur centrée sur le « respect de la personne » est présente et que cette valeur suppose la négation de la toute puissance à l’égard des publics accueillis comme de tous autres abus de pouvoir. La prise en compte de la responsabilité de chacun, définie sous une forme contractuelle, peut servir de « garde fou » en précisant les rôles, les fonctions et l’objet, notamment, de l’évaluation pédagogique.
Enfin, si l’on admet que tout intervenant socio-éducatif s’appuie et mobilise des savoirs à questionner, l’étudiant doit trouver auprès du formateur, au sein des institutions dans lesquelles il fait ses apprentissages, les moyens et les outils facilitant l’acquisition de savoirs qui lui permettent d’élaborer par lui-même son propre sens critique, preuve qu’il s’est formé.
Ces orientations caractérisent la formation comme une action de communication, basée sur des échanges dynamiques permettant la transmission de connaissances non sacralisées, exigeantes et rigoureuses, entre formateurs-formés, entre formés-formés, entre formateurs-formateurs, dans un objectif pédagogique.
Ces conditions traduisent des valeurs rattachées à l’égalité des personnes non pas en terme de position, de rôle, de statut, mais en terme de valeur humaine égale attribuée à chacun des protagonistes, quelle que soit la place des uns ou des autres dans la formation.
Un centre de formation doit permettre à l’étudiant de développer un esprit critique. Encore faut-il que le formateur qui l’accompagne accepte cette expérimentation des jugements de valeur et aide l’étudiant à s’inscrire dans son cadre professionnel technique, déontologique et éthique. On ne peut penser à la place d’un étudiant ou d’un professionnel. En offrant une perspective dialectique à l’étudiant, la formation ne vise pas l’apprentissage par la répétition, mais avant tout l’appropriation d’un processus partagé qui n’en demeure pas moins la propriété exclusive de l’étudiant.
Ce dernier construit son propre parcours en s’appuyant, en se confrontant, en s’opposant et en intégrant dans un mouvement parfois complexe les normes qui lui sont proposées ou imposées pour devenir un professionnel qualifié. Dans cette perspective, le formateur doit pouvoir lui-même intégrer la capacité de l’étudiant à se transformer dans ce processus et accepter les limites auxquelles chacun est confronté : le formateur dans ce qu’il peut apporter, l’étudiant dans sa faculté à s’approprier des savoirs nouveaux, compte tenu notamment des changements souvent déstabilisants qui se produisent pour les personnes engagées dans ce contexte.
Cette dimension renvoie directement à la valeur centrée sur la possibilité de tout individu à se transformer, en s’opposant aux préjugés figeant les personnes dans une essence déterminée. Mais elle suppose aussi que soit posée la référence à un cadre et que la préoccupation éthique soit constamment présente chez toutes les personnes concernées par la formation, de façon à ne pas en perdre de vue le sens.
L’innovation et la créativité
Pour prendre appui sur l’aspect positif de l’approche « compétence », il convient de s’inspirer davantage des pratiques de type « enseignement ouvert », comportant une dimension d’« autoformation » et de « pédagogie à distance ».
Cela suppose d’adopter une pratique pédagogique davantage centrée sur l’étudiant en formation, interdisciplinaire dans le sens d’un regard transversal sur un objet d’étude et non dans le sens d’une juxtaposition des disciplines et qui demande une démarche active de l’étudiant.
Ces principes concernent aussi l’ensemble des salariés : chacun d’eux, à quelque niveau que ce soit, doit pouvoir développer sa propre créativité, sans perdre de vue ce pour quoi il est mandaté et son appartenance à un projet collectif.
Par ailleurs, la valorisation d’expérimentations novatrices, d’un travail individualisé, du plaisir à apprendre, de l’autoévaluation, participe à des stratégies étudiantes de formations individuelles, à plus forte raison dans le cadre de la validation des acquis de l’expérience (VAE).
En termes de communication, le développement d’une culture d’accueil, de convivialité, d’écoute, de partage, accompagnée de moments festifs, une culture de réflexion commune rendent lisibles les talents et les potentialités de chacun (formateurs et étudiants). Ce type de communication est porté par l’ensemble des personnes travaillant dans la Fondation ITSRS. Elle tient compte de l’investissement et des demandes des deux sites.
Enfin, la Fondation ITSRS entend continuer à donner une grande place aux activités de recherche, en s’appuyant sur les compétences spécifiques de ses salariés et en s’engageant dans des démarches partenariales.
Les identités et les transversalités
L’article 15 de la loi du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale indique que les prestations délivrées par les établissements et services concernés par la loi « sont réalisées par des équipes pluridisciplinaires qualifiées ». Il s’agit donc de construire des identités professionnelles fortes, mais aussi de les interroger lorsqu’elles tendent à se figer dans une logique de corporation ; autrement dit, aider à répondre à des besoins spécifiques, tout en créant les conditions d’une action désenclavée. Au minimum, chaque catégorie professionnelle doit être en mesure d’intégrer les principes d’action des autres.
L’accompagnement des étudiants dans la construction de leur identité professionnelle doit se penser en incluant la construction commune de moments pédagogiques et de gestion de situations, d’autant qu’ils sont tous concernés, dans les différents cursus, par des préoccupations communes, par exemple en matière de lutte contre la maltraitance qui est une des priorités de l’action sociale.
Nous soulignerons donc l’importance :

La transversalité est une rencontre entre disciplines qui partagent des savoirs qui se renforcent, s’infirment, se complexifient à mesure des échanges. Ce mouvement participe d’une plus large compréhension des sociétés.
Le partenariat est ainsi au cœur du travail social, car il intervient sur des difficultés qui impliquent souvent une mobilisation large. Le partenariat permet une mutualisation des ressources, une coordination des compétences, pour un « jeu d’acteurs » réussi.
La première condition du partenariat dépend de l’identité des partenaires. Elle doit être claire et fiable. Ce projet d’établissement doit y aider pour ce qui est de la Fondation ITSRS. Ainsi, dans la relation ouverte du partenariat, chacun tient sa place. Quand elle est engagée avec le secteur professionnel et avec les autres centres de formation, elle s’efforce de :
Tout ceci passe, notamment, par des collaborations étroites avec la branche professionnelle, les collectivités territoriales et les autres partenaires que sont les universités, les autres centres de formation, du même secteur tels les autres adhérents au Groupement national des instituts de formation en travail social (GNI) ou d’autres secteurs, notamment les écoles paramédicales.
Les relations avec les universités occupent une place importante dans les formations initiales (double validation professionnelle et universitaire sur les deux sites de formation) et dans les formations supérieures. Se croisent ainsi les apports professionnels et universitaires, en rapport étroit avec les buts de la Fondation ITSRS et la finalité de la formation définie plus haut.
Un IRTS se doit de favoriser les coopérations à l’échelle européenne et internationale. L’existence double validation professionnelle et universitaire sur les deux sites place l’IRTS Ile-de-France au niveau de la plupart des lieux de formation en Europe et dans les autres continents. Cette situation est un point fort et un atout pour l’accès à des programmes internationaux et pour développer les partenariats professionnels et universitaires.
Les objectifs de cette coopération internationale sont :

La qualité du service rendu s’apprécie in fine au regard de ce qu’il est convenu d’appeler les bénéficiaires ou les usagers de l’action sociale et médico-sociale.
Cela implique, dans un premier temps, une évaluation des actions de formation et de recherche qui aille au-delà du rapport annuel d’activité, puis, dans la mesure où c’est possible, une évaluation des effets produits une fois la formation achevée. Cette préoccupation est partie intégrante du travail de chacun. Elle suppose la définition de critères pour une évaluation qualitative visant à améliorer son action et celle de la Fondation ITSRS.
Plusieurs indicateurs sont à prendre en considération ; par exemple :

Ce projet, une fois validé par le Conseil de Fondation, a une validité de cinq ans maximum, comme c’est le cas pour les projets des établissements et des services relevant de la loi du 2 janvier 2002 de rénovation de l’action sociale et médico-sociale. Chaque salarié peut contribuer à son amélioration, comme il a pu le faire lors de son élaboration.
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Association fondée en 1900 et déclarée le 26 juillet 1901, elle devient une Fondation reconnue d’utilité publique en 1978. En 1987, la Fondation ITSRS (Institut de travail social et de recherches sociales) est agréée en tant qu’Institut Régional du Travail Soial (IRTS). À partir de novembre 2001, l’ITSRS à Montrouge et l’ISIS à Neuilly-sur-Marne ont été réunis afin de former un seul IRTS sur deux sites regroupant au total près de 1700 étudiants.
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