Activité recherche / Rapport d’activité IRTS 2010 - 2011

Président de la Fondation : Hugues DUBLINEAU
Directeur général : Jean Christophe PANAS

FONDATION ITSRS
Institut de Travail Social et de Recherches Sociales

IRTS Ile-de-France Montrouge Neuilly-sur-Marne
Institut Régional du Travail Social

1 rue du 11 novembre
92120 Montrouge

2ème partie - Études et recherche

Activité Recherche

Sous la responsabilité de Brigitte Berrat
Responsable du pôle formations supérieures et recherche

** Participation au Groupe de Recherche Régional Ile-de-France (GRIF)

Le GRIF se définit comme un Groupement de coopération de recherche en action sociale et médico-sociale. Il a été créé dans le cadre du schéma régional des formations sociales (2001-2006) à l’initiative de l’ETSUP, des deux IRTS d’Ile-de-France, de Buc Ressources et de l’ANDESI. Association de fait, son activité majeure a été l’animation d’un séminaire de recherche en partenariat avec la Chaire de travail social du CNAM. En 2006, il a semblé important aux fondateurs et animateurs du GRIF de donner un cadre juridique à l’association. C’est ainsi que les statuts du GRIF ont été déposés. Le GRIF s’est appuyé sur la circulaire DGAS/PSTS du 6 mars 2008 relative aux actions de qualification en travail social pour les formations sociales et a répondu à l’appel à projets “pour la création, le soutien et le développement de pôles ressources recherche travail social – intervention sociale – action sociale – formations”. Son projet a été retenu en octobre 2008. La finalité principale est la mise en synergie de moyens, de compétences, de capacités d’expertise, existant notamment dans les centres de formation en travail social. La responsable du Pôle Formations supérieures et Recherche à l’IRTS Ile-de-France Montrouge Neuilly-sur-Marne a été élue en septembre 2009, Vice-présidente du GRIF. Anne Petiau, chargée de recherche, représente l’IRTS Ile-de-France Montrouge Neuilly-sur-Marne au Comité Scientifique et Technique du GRIF.

L’IRTS Ile-de-France Montrouge Neuilly-sur-Marne est associé dans ce cadre à différentes études, notamment :
- L’insertion professionnelle des étudiants en travail social (enquête à N+1, N+3 et N+7 à l’issue du diplôme)
- La précarité des étudiants en travail social en Ile-de-France (enquête auprès des étudiants en formations de niveaux V, IV et III)

Par ailleurs, une journée d’étude a été organisée par le GRIF le 7 décembre 2010 sur le thème “Politiques et pratiques de l’intervention sociale aujourd’hui : quelles références, quelles valeurs, quelles normes ?”. Brigitte Berrat a introduit cette journée par une intervention intitulée “Des valeurs aux politiques”, et Anne Petiau a présenté la recherche-action conduite sous sa direction sur “les rapports à la santé, l’accès aux soins et aux droits des personnes sans habitat à Paris, non utilisatrices des services d’aide” (PICRI).

** Organisation d’une Journée d’Étude sur le site de Montrouge

“Encadrer et diriger dans le secteur social : apports et limites du management”

Comme chaque année, le pôle Recherche a organisé une journée d’étude, qui s’est déroulée le 18 mars 2010 sur le thème : “Encadrer et diriger dans le secteur social : apports et limites du management”. Cette journée, préparée en partenariat avec l’université Paris 13 et l’Université d’Evry a permis la mise en débat de la question centrale, autour des communications de Frederik Mispelblom Beyer (Université d’Evry), de Ali Smida (Université Paris 13), de Michel Chauvière (CNRS) et de François Noble (ANDESI).  

** Recherche sur “le non recours aux dispositifs liés au handicap” (GRIF – CNAM)

Le GRIF associé à l’équipe LISE-CNRS du CNAM Paris, a été sélectionné fin 2007 par l’IRESP (Institut de Recherche en Santé publique) pour la réalisation d’une recherche portant sur « le non recours aux droits et dispositifs liés au handicap ». Cette recherche, conduite par Brigitte Berrat, s’est poursuivie au cours de l’année 2010, le rapport final devant être remis début 2011.

“Le non recours aux droits et dispositifs liés au handicap : enjeux de catégorisation, enjeux de reconnaissance”. Brigitte Berrat, Sociologue, PREFAS-GRIF, Maître de conférences associée à l’Université Paris 13.

Les droits et les dispositifs liés au handicap constituent un ensemble de prestations destinées à prendre en compte les limitations d’activité et les restrictions de participation rencontrées par les personnes reconnues “en situation de handicap”. Il apparaît cependant qu’un certain nombre de personnes, tout en rencontrant des limitations d’activité liées à une déficience ou à une maladie, ne demandent pas la reconnaissance du statut de “personne handicapée” et ne font pas valoir les droits qui s’y réfèrent. La question du non recours aux droits sociaux retient aujourd’hui l’attention, car il interroge à la fois l’organisation et l’efficacité du système de protection sociale. Mais les enjeux concernent aussi le domaine de la santé publique, les conséquences du non recours aux dispositifs liés au handicap pouvant ne pas être négligeables. En effet, un recours tardif est susceptible d’augmenter les risques de désocialisation et de précarisation avec des répercussions importantes sur l’évolution de la maladie et la dégradation de l’état des patients. Dans tous les cas, recours ou non recours orientent les trajectoires sociales des personnes.
Pour accéder aux droits, il ne suffit pas de connaître ces droits et sa potentielle éligibilité, il faut également s’y reconnaître. Comprendre le rapport social de reconnaissance que constitue l’offre publique peut permettre de saisir ce qui se joue dans le phénomène de non recours et plus généralement dans la problématique de l’accès aux droits.
Cette recherche exploratoire a visé à mettre en évidence le processus qui va conduire – ou non – à la demande de droits, au cours de plusieurs étapes, porteuses chacune d’un enjeu de reconnaissance de la part de la personne :
- La reconnaissance de troubles de santé et l’accès au système de soins.
- La reconnaissance que ses troubles de santé peuvent être interprétés en termes de “handicap”, soit l’acceptation d’une identité.
- La reconnaissance que cette situation peut faire l’objet de droits et de dispositifs spécifiques, soit la conscience de son éligibilité potentielle et l’acceptation du statut que cela implique.
- La reconnaissance de la pertinence des droits et dispositifs ouverts par ce statut, soit l’acceptation de l’offre publique.

Cette recherche montre également que ces différentes étapes ne seront pas franchies dans les mêmes temporalités, ni avec les mêmes significations, selon les types de handicap, l’âge, le genre, ou encore la catégorie sociale et les références culturelles.

En ce sens, analyser les situations de non recours, conduit à interroger l’offre publique dans les expériences et les identifications qu’elle codifie, ou encore dans les identités et les statuts qu’elle octroie à ceux à qui elle propose une « reconnaissance » de leurs difficultés.

Cette analyse apporte des éléments de compréhension des attitudes des usagers face aux catégories et catégorisations dont ils font l’objet, et conduit à complexifier tant soit peu le schéma devenu classique dans les analyses de non recours qui distinguent :
- Les personnes qui “ne savent pas”, c’est-à-dire ici qui ignorent ces catégories et les droits afférents.
- Les personnes qui “ne peuvent pas” y avoir accès, soit par déficit cognitif, soit par difficultés d’accessibilité physique ou symbolique, soit encore par crainte des relations avec les institutions.
- Les personnes qui “ne veulent pas”, soit parce qu’elles craignent la stigmatisation susceptible d’accompagner leur adhésion à telle catégorie, ou parce qu’elles refusent certaines dimensions de l’offre publique qui leur est proposée.

** Recherche PICRI : Recherche-action sur “les rapports à la santé, l’accès aux soins et aux droits des personnes sans habitat à Paris, non utilisatrices des services d’aide”

par Anne Petiau

La recherche-action sur “les rapports à la santé, l’accès aux soins et aux droits des personnes sans habitat à Paris, non utilisatrices des services d’aide”, présentée par le pôle Recherche de l’IRTS Ile-de-France Montrouge Neuilly-sur-Marne, associé au laboratoire CEAQ (Université Paris V) et à Médecins du Monde a été retenue par le Conseil régional d’Ile-de-France, dans le cadre de l’appel à projets PICRI 2008 (Partenariats Institutions-Citoyens pour la Recherche et l’Innovation). Cette recherche-action, à laquelle est également associée l’Intersquat (association informelle qui rassemble 27 collectifs squats franciliens) vise notamment à analyser la pertinence de l’offre publique (soins, accès aux soins et aux droits) pour les personnes en squats et habitats précaires et à évaluer le dispositif de la “Mission Squats” mise en place à Paris par Médecins du Monde. Ce projet, démarré fin 2008, s’est continué tout au long de l’année 2010.

“Rapports à la santé, accès aux soins et aux droits des personnes sans habitat à Paris. Recherche-action autour de la mission squats de Médecins du Monde”. Anne Petiau, Sociologue, GRIF.

La mission squats de Médecins du Monde mène des actions de réduction des risques sanitaires et sociaux, d’accès aux droits et aux soins des personnes vivant en squat à Paris. Cette population se caractérise habituellement par son “invisibilité”, n’étant notamment pas prise en compte dans les enquêtes statistiques sur les personnes sans domicile. La recherche-action s’inscrit également dans des préoccupations plus larges : la réduction des inégalités de santé, mais aussi la reconnaissance de ces populations et des processus de marginalisation qui les affectent. La première phase de la recherche porte sur la compréhension des parcours, des usages des squats et des rapports à la santé et aux institutions des personnes qui vivent dans ces espaces. La deuxième phase – en cours de réalisation – porte une visée d’évaluation du dispositif de Médecins du Monde et plus largement d’amélioration de l’accès aux soins et aux droits des personnes sans habitat à Paris, éloignés des dispositifs de droit commun.

La recherche porte sur les squats qui remplissent une fonction d’hébergement mais s’ouvrent également au public en des occasions définies (concert, exposition, repas de quartier, etc.). On peut saisir ces squats comme des “zones intermédiaires” entre d’une part la rue et le logement, d’autre part la marginalité et les formes conventionnelles de socialisation.

Un premier axe d’analyse est celui des parcours et des usages des squats. Les squatters ne constituent pas un groupe homogène, tant du point de vue de leurs parcours que de leurs origines sociales et situations socio-économiques. La recherche dégage deux idéaux-types :
- L’usage alternatif du squat est celui qui a pour but de vivre différemment de la façon proposée par la société globale. Les squatters emploient des moyens désapprouvés socialement (l’occupation illégale et sans contrat de locaux vacants) pour poursuivre des finalités non conventionnelles, telles que la vie en collectivité, l’autogestion, l’évitement du travail salarié, associés à une critique des rapports sociaux et économiques contemporains.

- L’usage de filet socio-économique du squat est celui qui a pour but de limiter les difficultés. Il s’agit moins d’une volonté de vivre autrement que de faire face à la pauvreté, la précarité ou à des problèmes d’ordre familial ou social, quitte à employer des moyens désapprouvés. Cependant, si pour ce deuxième groupe la finalité d’un mode de vie alternatif n’est pas première, les personnes peuvent trouver dans le milieu squat des expériences et un discours leur permettant de convertir l’expérience de la précarité en une inclusion dans un groupe valorisant ses propres valeurs et modes de vie.

Le deuxième axe d’analyse porte sur les relations aux institutions. La recherche analyse les freins à l’accès aux soins et aux droits des squatters, qui peuvent se référer notamment à leur rapport à la santé, aux situations administratives, aux rythmes sociaux, à l’évitement des dispositifs spécialisés et enfin à un idéal d’autonomie – les difficultés d’accès aux droits alimentant en retour les revendications à l’autonomie.

Les squatters peuvent entretenir des relations problématiques aux institutions sociales et médico-sociales au nom de cet idéal d’autonomie, alors même que cette notion constitue une référence fondamentale des politiques sociales et des travailleurs sociaux. En explorant les significations concurrentes de cette notion et ses traductions concrètes lors des interactions, la recherche conduit à questionner plus largement l’intervention sociale auprès des populations marginales.

** Conseil de l’Europe

par Jean Christophe Panas

Dans la suite du forum “Paroles aux jeunes” où le Directeur général a été sollicité comme conseiller spécial auprès de la Défenseur des Enfants, une nouvelle étude a été commanditée au vu de la présentation d’un rapport remis au Conseil de l’Europe relatif aux droits des enfants en Europe sur les quatre axes suivants :
- Identité
- Parents
- Origines
- Décisions

Cette étude complémentaire a permis de mettre en exergue l’importance des liens familiaux dans la construction identitaire des jeunes. Ces liens familiaux se trouvent condensés autour du nom de famille. Pour les jeunes interviewés, le nom de famille renvoie à toute une gamme de sentiments selon les relations construites avec leurs parents (fierté, honte, agressivité, violence…). Pour l’ensemble de ces jeunes, cette construction identitaire laisse percevoir une relativité dans la capacité à décider par soi-même et pour soi-même de son projet de vie.

Rapports d’activités et pédagogiques


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Association fondée en 1900 et déclarée le 26 juillet 1901, elle devient une Fondation reconnue d’utilité publique en 1978. En 1987, la Fondation ITSRS (Institut de travail social et de recherches sociales) est agréée en tant qu’Institut Régional du Travail Soial (IRTS). À partir de novembre 2001, l’ITSRS à Montrouge et l’ISIS à Neuilly-sur-Marne ont été réunis afin de former un seul IRTS sur deux sites regroupant au total près de 1700 étudiants.

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