Robert Castel, questionneur de la modernité, est décédé mercredi 13 mars 2013.

Robert Castel - Le dernier chantier d'Olivier Cousin & Xavier PouvreauRobert Castel, sociologue, est l’auteur de nombreux ouvrages aux titres évocateurs de son engagement : L’ordre psychanalytique et le pouvoir ; Les métamorphoses de la question sociale, une chronique du salariat ; L’insécurité sociale : qu’est-ce qu’être protégé ? ; La montée des incertitudes : travail, protections, statut de l’individu...
Le dernier ouvrage Changements et pensées du changement, échanges entre Robert Castel et Claude Martin, a été publié en 2012. Un livre-laboratoire, lieu d’un véritable échange, revient sur l’ensemble du travail théorique de l’un des plus grands sociologues français ; il met en lumière sa richesse, ses apports, ses impulsions, tout comme ses besoins de prolongement.

Robert Castel à l’IRTS

Il a presque cinq ans, en avril 2008, Anne Petiau, avait invité à l’IRTS Robert Castel à dialoguer avec Jacques Donzelot, sur le thème Vulnérabilité et activation du social.
C’était la 4ème partie du séminaire de réflexion et de prospective de la Fondation ITSRS intitulée Liens sociaux : délitement et/ou recompositions ?

Synthèse des échanges par Anne Petiau, formatrice & chargée de recherche

Le constat d’un risque accru de désaffiliation, selon l’expression de Robert Castel, pour une partie toujours plus importante de la population, l’apparition de nouvelles vulnérabilités, s’accompagnent d’interventions sociales visant à restaurer ou à renforcer les solidarités existantes.

Robert Castel et Jacques Donzelot ont rappelé comment le modèle assurantiel et de protections sociales autour du travail a été remis en cause dans les années 70. Avec la crise économique, un nombre croissant de personnes ne peut plus être couvert, et le système assurantiel est confronté à un problème de financement. Nous sortons du capitalisme industriel ; le nouveau régime du capitalisme est concurrentiel et casse les systèmes de protection collective, qui coûtent cher et freinent la recherche du profit financier.

On assiste à un retour de la condition de travailleur pauvre, à une dégradation de la situation de l’emploi avec le développement des formes précaires d’emploi, du temps partiel et de l’intermittence. Nous assistons ainsi à une remontée de la vulnérabilité sociale, avec l’affaiblissement voire la perte des protections collectives, le chômage de masse, le développement de la précarité. Un ensemble de facteurs bouscule également les systèmes sociaux européens, citons notamment l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail salarié, le vieillissement de la population, la globalisation économique et le redéploiement des activités vers les services et le technologique.

Une nouvelle insécurité sociale touche aussi bien les jeunes qui “galèrent”, les personnes sans travail mais aussi celles qui travaillent. Il apparaît alors nécessaire de transformer les politiques sociales pour les adapter aux changements sociaux et aux nouveaux risques, tels que ceux liés à la flexibilité du travail.

Le dernier Chantier

Olivier Cousin - Le dernier chantier et Eric SantamariaEn février 2013, lors de la 5ème édition de la biennale du film d’action sociale, le film Le dernier Chantier d’Olivier Cousin & Xavier Pouvreau [1] donnait la parole Robert Castel.


Le film en quelques mots.

Le dernier ChantierLe dernier Chantier retrace le combat que menèrent les ouvriers de Dubigeon en 1985 pour lutter contre la fermeture de leur chantier naval.
Au-delà de l’histoire nantaise, c’est une partie de l’histoire politique et économique de la France qui est aussi racontée. Comment désindustrialisation et mondialisation marchent de concert et bouleversent les piliers de l’état providence et annoncent le libéralisme. Les témoins de cette histoire, patrons, syndicalistes, politiques comme Edith Cresson, racontent, chacun selon son point de vue, ce moment de bascule. Le sociologue Robert Castel, et le commissaire au plan, Jean-Baptiste de Foucauld contribuent à l’analyse de cette histoire exemplaire.

Capitalisme et salariat par Robert Castel

Robert Castel - Le dernier chantier d'Olivier Cousin & Xavier PouvreauOn ne peut pas demander au capitaliste d’être moral. C’est-à-dire qu’il fait son travail lorsqu’il fait des profits, il maximise la production, etc. Il n’a pas à faire de morale. Par contre, on pourrait sans doute dire qu’un capitaliste intelligent serait conscient du fait que pour être efficace, pour être vraiment productif, cela n’est pas nécessaire et cela peut être contre-productif, de fonctionner d’une manière trop sauvage.

On vient de loin en Europe occidentale. Quelle était la situation, à Saint-Nazaire ou ailleurs, du prolétaire du 19e siècle ? Il était misérable, il était méprisé, il n’avait aucun droit.

Il va y avoir sans doute de plus en plus de luttes sociales en Chine. On peut espérer, malheureusement pas demain ni après-demain, que cette forme particulièrement sauvage du capitalisme, qui apparemment règne en Chine et qui a tendance à s’imposer au reste du monde, lui-même se domestique. On pourrait dire qu’il aboutisse à des situations plus stables, dans lesquelles cette espèce de déséquilibre actuellement massif, entre le salarié de Saint-Nazaire et celui de Shanghai, va se résorber partiellement à l’avenir. Et peut être pas uniquement au détriment du salarié de Saint-Nazaire.

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Photo : Le dernier Chantier d’Olivier Cousin & Xavier Pouvreau.

[1] Le dernier Chantier d’Olivier Cousin & Xavier Pouvreau2011- Reportage - Documentaire - 60’

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