Communiqué du Bureau de la Fondation ITSRS & Alain Lopez, président

Drôle de guerre. L’expression a déjà été utilisée par le passé, mais elle désignait alors une situation sans combats et sans victimes. Cette fois-ci, c’est plutôt l’ennemi qui est particulier parce qu’invisible, potentiellement porté par chacun d’entre nous. Les premières victimes, elles, ont un visage et sont bien réelles. La difficulté est de devoir prendre des mesures concernant toute la population, motivées par une courbe de mortalité faite de victimes nombreuses mais potentielles, si nous ne faisons rien, et donc aussi invisibles pour l’heure que le virus. Le risque est alors d’imaginer que le combat est virtuel, de ne pas le prendre suffisamment au sérieux, de s’exposer dangereusement et surtout de mettre en péril les autres.

 

Rester chez soi. Voilà le moyen de lutter à employer. La consigne pourrait séduire en d’autres temps, quand elle rend chacun à sa liberté en le dégageant de toute autre obligation. Là, il s’agit au contraire de voir sa liberté d’aller et venir fortement réduite. Bien d’autres mesures sont prises sur le plan économique et social qui, en temps ordinaire, seraient insupportables, inacceptables. Il nous faut tenir bon dans cette période, en acceptant le caractère exceptionnel de la situation et les contraintes qu’elle impose, tout en considérant sa nature provisoire et en la réaffirmant le cas échéant.

Chacun de nous peut aider par divers moyens. Chacun de nous s’y emploie. Les initiatives de toutes sortes ne cessent de se multiplier. Le devant de la scène est surtout occupé par les soignants ; rien de surprenant quand la vie est menacée. Mais les conditions d’existence et d’épanouissement personnel représentent une question tout aussi importante. Il ne faudrait pas que la simple survie devienne un absolu. Travailleurs sociaux en activité ou futurs travailleurs sociaux sont aussi aux avant-postes, pour soutenir, accompagner ceux dont les conditions d’existence, déjà en équilibre précaire, sont susceptibles de se détériorer gravement, du fait de la crise sanitaire elle-même mais aussi des dispositions prises pour lutter contre elle.

Dès le vendredi 13 mars, l’IRTS de Montrouge a pris des mesures nombreuses pour lutter contre l’épidémie, assurer la continuité des activités d’enseignement et apporter un renfort aux établissements et services sociaux et médico-sociaux. La mobilisation des formateurs et du personnel administratif a été exemplaire. La qualité du travail de notre prestataire informaticien a permis la mise en place des outils dont chacun avait besoin pour continuer d’exercer ses activités dans les meilleures conditions. De nombreux étudiants (une cinquantaine déjà inscrits dans la réserve sociale) et formateurs se sont portés volontaires, pour intervenir au sein des structures sociales et médico-sociales en difficultés dans l’exercice de leurs missions. L’école a soutenu ces initiatives et a mis en place récemment une plate-forme de contact destinée à faciliter les engagements de chacun, en association étroite avec l’IRTS Paris Ile-de-France. Il est important que nous sachions porter ensemble, au sein de notre IRTS mais aussi avec d’autres établissements de formation, ces impératifs d’une solidarité orientée par une volonté d’engagement, dans une période de crise sanitaire mais aussi sociale et économique sans précédent.

Nul doute que demain l’action sociale et l’intervention sociale sortiront transformées de cette expérience difficile et exceptionnelle, faite à la fois de confinement et d’initiatives solidaires multiples, chacun au sein de l’IRTS y ayant pris sa part, ce qui pour nous tous est un motif de fierté. Au niveau de l’IRTS, nous aurons à tirer les enseignements de cette crise aux multiples dimensions, à concevoir et à mettre en œuvre les conséquences susceptibles d’en résulter quant à l’exercice de nos missions. Vivement que nous en soyons à ce stade.

Le Bureau de la Fondation ITSRS et son président, Alain Lopez.

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