L’éthique au quotidien : quand le rappel des règles professionnelles et institutionnelles ne suffit pas

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Vie Sociale N° 3/2009

Extrait

Je suis assistant de service social et responsable de formation dans grand institut de la région parisienne. Dans le champ d’intervention sociale qui m’occupe – et spécialement chez les assistantes sociales – nous sommes sans doute bien plus préoccupés par la « norme sociale », telle que l’évoque Jean-Marie Vidament, que par le « normal » biologique. Notre travail consiste souvent en l’application de règles imposées par des institutions (par exemple, l’évaluation du degré de danger en vue d’un signalement d’enfant maltraité – la règle est précisée dans le schéma de signalement édicté par le conseil général) et de procédures déterminées dans le cadre de la loi (par exemple, la procédure « Fonds solidarité de logement » précisée par les lois Besson permet d’aider une famille à gérer le paiement de son loyer afin d’éviter l’expulsion).

Je vais essayer de montrer comment cette norme, qui est à la fois sociale, institutionnelle et légale, est indispensable, mais en même temps génératrice de difficultés. Elle entre souvent en contradiction avec l’approche soignante, elle peut provoquer des conflits d’intérêt, de loyauté, des inquiétudes et des agacements. Pour les surmonter, une réflexion permanente sur l’éthique peut apporter des réponses à ces difficultés, des réponses souvent complexes et provisoires, mais suffisamment solides pour faciliter le travail…